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Philo

Le savoir philosophique

Spécifique, universel, rigoureux

par : Paul Soriano

 

Les termes précédés d’un * (lorsqu’ils sont employés pour la première fois) sont définis dans le lexique (ce lien ouvre une nouvelle fenêtre, mais le lexique est également accessible par le bandeau gauche de la page).


La *philosophie n’a pas d’objet. Elle porte sur ce que l’on peut appeler, avec Raymond Ruyer, des « *domaines absolus », absolus parce que l’on ne peut prendre aucune distance pour les considérer, en tant qu’observateur. C’est le cas, entre autres, du *monde (on ne peut pas se tenir hors du monde), de l’homme (c’est toujours en tant qu’homme que l’on parle de l’homme) ou du langage (c’est toujours « en langage » que l’on parle du langage). Un domaine absolu n’est jamais observé, il est vécu, participé.

En termes plus relevés on parlera d’ « immanence » d’« *auto-référence », mais ce n’est pas indispensable.

Autant dire tout de suite qu’un domaine absolu ne saurait être objet de science. Comme on pourra s’en convaincre ci-dessous (nous verrons comment la science s’y prend pour extraire son objet d’un domaine absolu), « *sciences humaines », « cosmologie », « sciences du langage » sont des oxymores, des cercles carrés.

En conséquence, le propre du discours philosophique est que ce qu’il dit et celui qui dit sont impliqués par ce même discours. Le philosophe est quelqu’un qui s’efforce, en tant qu’homme de construire un discours vrai sur la vérité et sur l’homme.

Il s’agit d’un discours parfaitement *rigoureux, le plus rigoureux de tous les discours, puisqu’il se soumet lui-même à sa propre épreuve de vérité, ce que ne font jamais les autres discours, à commencer par le discours scientifique.

La philosophie est le seul discours qui ait pour seul souci la vérité.