A défaut d’être sensés, les discours idéologiques en particulier ne sont pas sans effet. Dans la mesure où l’homme, sans jamais échapper au monde, à la condition humaine, au langage, est néanmoins capable de construire les mondes (réduits) qu’il habite, il peut être lui-même l’objet d’une réduction idéologique (d’autant plus redoutable qu’elle se pare d’une légitimité « scientifique ») qui le mutile. Une société dite « totalitaire » est typiquement une société contaminée par une idéologie dominante, une représentation réduite de l’humain considéré comme un animal, une machine, un agent économique, etc.
En tant qu’elle soumet tous les discours y compris son propre discours à l’épreuve de vérité, et cela de manière infaillible, la philosophie n’est donc pas seulement une discipline rigoureuse, mais aussi une arme absolue contre les discours insensés. « Infaillible » et « absolu » mais néanmoins « sans danger » dès lors que la philosophie, on ne le répètera jamais assez, se soumet elle-même à l’épreuve de vérité.
Et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. (Jean, 8, 32).